L’Aouina a subi, ces dix dernières années, le même sort que les cités voisines. Une flambée sans précédant des prix des biens immobiliers. Ceux qui ont été là avant la frénésie, témoignent de la chance qu’ils ont eu : leurs propriétés valent beaucoup plus qu’ils ne l’espéraient. Et surtout en très peu de temps.
Jalila M. Cadre dans une banque. (Zone 1) J’habite l’Aouina depuis 12 ans. Notre maison est de 4 chambres, salon, salle à manger, cuisine et balcon dans chaque chambre. Elle fait 420 m² couvert et 130 m² de jardins ainsi qu'un garage. Nous l’avions acheté, il y a 12 ans, au prix de 85 000 DT. A l’époque, cette Cité était un mélange de villas, de maisons populaires et de terrains agricoles. Mais avec le temps et surtout avec l’extension rapide qu’a connue l’Aouina, le relookage du quartier n’a pas mis beaucoup de temps.
Désormais, les villas peuvent être comparées à celles des quartiers huppés comme El Menzah ou El Manar. Les maisons sont, dans leur majorité, de haut standing. Elles sont aussi très bien entretenues, ce qui aide à la hausse des prix de la zone. En moyenne, elles sont estimées à 120 000 DT. Beaucoup dépassent ce montant pour atteindre les 250 000 DT voire plus pour des 3 CH+S d’environ 350 m². Le jour où on avait voulu vendre notre maison, le prix ne cessait pas de grimper, on nous a proposé 300 000 DT. D’ailleurs, depuis 6 mois, les terrains des environs de l’Aouina partent comme des petits pains à des prix plutôt haut.
Zied J (Zone2) Commerçant Nous habitons, l’Aouina depuis une dizaine d’années, un duplex de 220 m², 3 CH+S avec un jardin qui fait environ 50 m² et un garage. Prix d’achat en 1995 : un peu plus de 75 000 DT. Calme bien qu’à proximité de la route principale de L’Aouina, l’endroit a vite pris de la valeur ces dernières années. On nous a proposé récemment 180 000 DT pour acheter notre habitation. Un prix raisonnable par rapport aux prix pratiqué aux alentours. Je me rappelle que quand j’ai emménagé à l’Aouina l’endroit était pratiquement désert. Mais depuis l’année 2 000 et avec le mouvement créé par Carrefour, les maisons et résidences ont poussé comme des champignons et à une vitesse incroyable. Aujourd’hui il faut avoir de la chance et beaucoup d’argent pour espérer trouver un terrain libre ou une maison à un prix raisonnable.
Salah karoui (Zone2) Agriculteur Mes parents ont acheté ce terrain il y a 30 ans. Cet endroit n’était pas aussi attractif et aussi bien réputé qu’aujourd’hui. Notre maison compte 4 chambres à coucher au premier étage, chacune bénéficie d’un dressing room et d’un balcon. On y trouve aussi deux salles de bain et une chambre d’invités. Au rez-de-chaussée, une cuisine toute équipée, un salon très spacieux, une salle à manger, une salle d’eau et une véranda utilisée surtout l’été pour des dîners en famille. Il semble que le prix a doublé et même triplé au cours des 10 dernières années. La maison de 350 m² a coûté, selon mon père, 100 000 DT en 1988 et c’était du haut standing. Aujourd’hui, elle ne vaut pas moins de 320 000 DT. Peut-être même plus si l’on croit les propositions de quelques investisseurs.
Quand aux terrains, on avait vendu la totalité des terrains que la famille possédait entre 570 DT/m² et 620 DT/m².
Les bonnes occasions se font rare ici, il faut surenchérir et y mettre le prix fort pour espérer devenir propriétaire d’un terrain car les promoteurs ne laissent aucune chance au particulier.