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Coincée entre La Soukra et Aîn Zaghouan, l’Aouina essaie tant bien que mal de s’embourgeoiser à l’image de ses voisines. A la différence près qu’elle ne bénéficie que de peu de moyens et d’intérêt de la part des autorités concernées. Conséquence : Les prix de l’habitat individuel reste dans la moyenne observée sur Tunis… Une situation du passé car les promoteurs sont arrivés pour couvrir les espaces vierges d’immeubles de standing. La situation est frénétique. Etat des lieux.
Sur la rive Nord de la RN9, entre Ain Zaghouan et la Soukra, on trouve L’Aouina. Un vieux quartier jadis à vocation agricole. Aujourd’hui, c’est une agglomération de plus en plus dense, de plus en plus convoitée. Elle est partagée en deux. Une première partie constituée principalement de villas entre l’avenue Taïeb M’hiri ( zone 1). Et l’avenue Slimane El Hrairi. Une autre, entre l’Avenue khaled Ibn El Walid et Taieb M’hiri qui accueille un grand nombre d’immeubles (zone 2).
Zone 1 Un quartier calme mais…
Les villas d’ici sont dans leur majorité grandes. Il existe aussi des maisons construites par la SNIT. Elles sont tantôt neuves, tantôt moins récentes. On en trouve pour tous les goûts. La cité est, en effet, hétérogène. On se croirait par endroits comme rue du Romarin dans un quartier huppé.
Hela habite ici depuis 15 ans : « L’Aouina à une époque était un quartier populaire, il n’y avait que les petits fonctionnaires qui y vivaient. Aujourd’hui vous trouverez de toutes les catégories sociales dans la même rue. Vous trouverez même des gens très aisés », explique-t-elle. En effet, le quartier gagne en valeur puisque les quartiers voisins comme La Soukra et Aïn Zaghouan attirent de plus en plus les bourses bien garnies. Une maison de 400 mètres carrés est à vendre à 300 000 dinars. La maison est constituée de deux étages indépendants de 200 mètres chacun avec connexion au gaz de ville et climatisation installée. Des prix qui, il y a une quinzaine d’années, n’excédaient pas le tiers.
Rue Ezzouhour, se trouve une Résidence réalisée par la Sprols. C’est une série de duplex de 130m² chacun, très propres de l’extérieur. Un duplex serait à vendre à 180 000 dinars. Un prix qui demeure surprenant puisque largement au-dessus du standing général de la Cité.
Si le quartier est, par endroits, très intéressant grâce à ses nombreuses commodités et à un environnement agréable, il y est des rues qui souffrent d’un laisser-aller indéniable. Des chaussées, comme à la rue Mohamed EL Bejaoui, sont dans un très mauvais état.
Zone2 Vieux immeubles et grands remous
Derrière la poste et la mosquée de l’Aouina, se trouvent des immeubles datant d’une trentaine d’années. Il s’agit de blocs d’aspect délabré où tout donne à croire qu’aucun entretien ni aucune rénovation n’ont été assurés depuis de longues années. Acheter ici est encore à la portée des petits budgets. Un appartement de S+2 est à environ 55.000 dinars. Les S+3 sont à 70.000 dinars.
Autre lieu, la Résidence Salma qui, au début des années 1990 a été le premier ensemble de standing construit dans cette zone. La période tranquille est révolue et le nombre de Résidence se multiplie aujourd’hui à grande vitesse.
Imen Rouissi, responsable d’une agence de promotion immobilière, trouve l’attraction de ce lieu très logique : « Tout d’abord l’Aouina est une cité à mi-chemin entre la banlieue Nord et le centre-ville de Tunis. Ensuite, elle est facile d’accès, c’est ce qui explique autant d’engouement. Sans oublier que d’autres cités réputées sont déjà saturées. Les accédants à la propriété se sont donc rabattus sur l’Aouina », explique t-elle.
Imen Rouissi a également construit, par le biais de son agence, quatre Résidences de haut standing de 500 appartements chacune. Elles ont pignon sur l’avenue Khaled Ben Walid. «Nous vendons le mètre carré bâti à 800 dinars, un chiffre qui grimpe pratiquement tous les ans à cause de la hausse des prix des matériaux de construction. Les acheteurs se demandent pourquoi on leur vend le même appartement que celui de l’année dernière mais un peu plus cher, alors que le fer de construction a pris 10% cette année et le prix de la brique a doublé en deux ans », confie-t-elle. Ce serait une des raisons pour lesquelles les immeubles qui s’élèvent aux quatre coins de la cité auraient des difficultés à trouver preneur. Ceux qui viennent investir ici sont, dans leur majorité, composés de cadres supérieurs.
Quant aux promoteurs, ils sont encore aux aguets pour dénicher des terrains à la vente. Une denrée de plus en plus rare. Le mètre carré est cédé aux professionnels à des encore prix compétitifs compris entre 200 DT et 300 DT le m². Alors que les particuliers ont du mal à en trouver même au-delà de 500 dinars le mètre carré.
Commodités La cité regorge de toutes sortes de commerces. L’Avenue Habib Bourguiba abrite à elle seule un très grand nombre de boutiques et de magasins d’agroalimentaire, de vêtements, d’électroménager, boucheries, et autres cafés. La municipalité, la poste et le marché municipal sont, quant à eux, à proximité. L’école élémentaire de l’Aouina est sur la route de Dra Fadhal.
| Faut –il investir à l'Aouina? |
| Uniquement si vous aimez le risque car les plus values juteuses à court et moyen termes relèvent du mirage. Pourquoi ?
Aouina, Aïn Zaghouan, entrée de La Marsa… Cette zone qui s’étend sur un peu moins de 80 Km² n’est plus désormais qu’un immense chantier. D’où la seule vraie bonne question à se poser : La demande est-elle et sera-t-elle capable d’absorber l’offre qui dans les 18 mois s’annonce pléthorique ? A l’évidence non.
L’écart entre l’offre trop abondante et la perspective de demande trop faible explique en partie cette frénésie de béton : La course contre la montre est enclenchée. Les spéculateurs, propriétaires de terrains, attendaient la bonne heure pour construire et empocher le maximum de plus-values. Un, deux, dix programmes mis simultanément en route ont mis le feu au poudre car, les promoteurs le savent, seuls les premiers programmes achevés trouveront preneurs.
Et il y a fort à parier que les retardataires garderont leurs logements sur les bras à moins de les brader.
Dans ce contexte, deux cas de figure : Où vous êtes pressés d’acquérir un logement personnel (par nécessité professionnelle par exemple), et il ne faut pas hésiter dès maintenant à marchander ferme.
Où vous avez un peu de temps et les invendus, trop nombreux, feront chuter lourdement et durablement le marché. Il est donc dans ce cas urgent d’attendre. Et ceci d’autant plus qu’une énorme bulle spéculative est en formation sous nos yeux. Les risques d’explosion vont rapidement se préciser.
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Chiraz kefi
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